
Les Alpilles n'ont pas l'altitude des grands massifs alpins ni la réputation internationale du Mont Ventoux. Et c'est précisément ce qui en fait l'un des terrains cyclistes les plus attachants de Provence. Ce massif calcaire des Bouches-du-Rhône, long d'une vingtaine de kilomètres sur son axe est-ouest, concentre une densité de paysages, de patrimoine et d'itinéraires que peu de territoires français peuvent égaler à cette échelle. Rochers blancs sculptés par l'érosion, garrigue odorante, oliveraies, vignes, villages perchés et routes tranquilles : tout est là, dans un espace suffisamment compact pour être exploré à vélo en quelques jours seulement.
Que vous soyez gravel rider en quête de pistes calcaires, cycliste de route à la recherche de boucles bien construites ou randonneur à VTC souhaitant prendre le temps des villages, les Alpilles répondent avec générosité. Ce guide rassemble les informations essentielles pour préparer votre séjour à vélo dans ce coin de Provence.
Le Parc naturel régional des Alpilles a été créé le 30 janvier 2007. Il couvre 51 000 hectares, dont environ 25 000 hectares de terres agricoles, et son réseau de canaux dépasse 400 kilomètres. Le point culminant du massif est la Tour des Opies, qui atteint 498 mètres.
Ce chiffre mérite d'être lu correctement : les Alpilles ne sont pas un terrain d'altitude. Les dénivelés restent accessibles, les profils souvent courts mais répétés, et la nature calcaire du sol donne aux pistes gravel une qualité particulière, notamment après les pluies hivernales lorsque la surface est compactée sans être boueuse. Le massif se pratique en vélo de route, en gravel, en VTT et en VTC ou VAE, ce dernier étant particulièrement adapté pour rejoindre les villages perchés comme Les Baux-de-Provence, dont les accès demandent un effort soutenu.
La présence du Parc naturel régional garantit également une vigilance sur la qualité des paysages et des espaces naturels traversés, ce qui se ressent concrètement sur le terrain : peu d'urbanisation sauvage, des chemins entretenus, une lisibilité du territoire préservée.
Le printemps et l'automne sont les périodes les plus agréables pour rouler dans les Alpilles. Les températures sont clémentes, la végétation est soit en pleine floraison soit encore présente, et les routes restent dégagées de la fréquentation estivale.
L'hiver reste praticable, avec des températures généralement comprises entre 5 et 15 degrés en journée. Il faut cependant compter avec le mistral, vent caractéristique de la Provence qui peut souffler avec une intensité significative et transformer une sortie tranquille en exercice de résistance. Certains événements cyclistes dans le secteur ont enregistré des vents de 30 à 50 km/h sur des portions exposées : à anticiper dans la construction de vos boucles.
L'été demande une attention particulière. Du 1er juin au 30 septembre, l'accès aux espaces naturels et forestiers des Alpilles est réglementé par arrêté préfectoral en raison du risque incendie. Ces restrictions peuvent aller jusqu'à l'interdiction totale d'accès au massif selon un système de niveaux d'alerte. Avant toute sortie estivale, il est indispensable de consulter la page officielle de la Préfecture des Bouches-du-Rhône dédiée à l'accès aux massifs forestiers ou l'application MyProvence pour connaître les conditions du jour. Cette vérification n'est pas facultative.
C'est l'itinéraire de référence pour découvrir le coeur du massif. Départ de Saint-Rémy-de-Provence, 41,2 kilomètres, 365 mètres de dénivelé positif, difficulté moyenne, environ quatre heures de selle. Une boucle bien construite qui enchaîne les points forts du territoire sans forcer l'accumulation.
Le tracé quitte Saint-Rémy par la D5 en direction de Glanum, rejoint la D27 puis entame la montée de quatre kilomètres vers Les Baux-de-Provence, village perché labellisé parmi les Plus Beaux Villages de France. La descente dans le Val d'Enfer qui suit est l'un des moments marquants de cette boucle : un vallon de rochers blancs sculptés par l'érosion, d'anciennes carrières, un cadre que Jean Cocteau avait choisi pour le tournage du Testament d'Orphée. Le retour passe par Maussane-les-Alpilles, Paradou, Fontvieille et Saint-Étienne-du-Grès avant de rejoindre Saint-Rémy.
Sur le parcours, plusieurs haltes méritent le détour. Les Carrières de Lumières aux Baux-de-Provence proposent des expositions d'art numérique immersif sur plus de 7 000 m². Le site archéologique de Glanum est l'un des ensembles antiques majeurs de la région. Les aqueducs romains de Barbegal, dont la construction remonte au IIe siècle, alimentaient une meunerie via deux aqueducs parallèles acheminant l'eau vers Arles. Le moulin d'Alphonse Daudet à Fontvieille, construit en 1814 et en activité jusqu'en 1915, est aujourd'hui un musée sur l'auteur des Lettres de mon moulin. Enfin, la boucle longe le Canal des Alpines septentrionales, un réseau de 119 kilomètres construit entre 1826 et 1875 pour l'irrigation du territoire.
Deux variantes existent sur ce secteur, toutes deux référencées officiellement par les Chemins des Parcs. La variante courte fait 31 kilomètres avec 406 mètres de dénivelé. L'intégrale monte à 64 kilomètres pour 690 mètres de dénivelé, ce qui en fait la boucle la plus exigeante du secteur pour les cyclistes de route. Un profil qui demande un bon niveau de forme sans pour autant atteindre la difficulté des grands cols alpins.
Pour ceux qui souhaitent explorer le massif sur plusieurs jours, le Parc naturel régional propose un tour des Alpilles à vélo faisable en deux ou trois étapes. Le départ se fait depuis Saint-Étienne-du-Grès. En trois jours, les étapes passent par Saint-Étienne-du-Grès, puis Les Baux-de-Provence, avant un retour depuis Mouriès. En deux jours, une seule halte suffit avec une étape aux Baux. Un format d'itinérance léger, cohérent avec la taille du massif, qui permet de visiter les villages clés sans jamais subir la distance.
Le gravel trouve dans les Alpilles un terrain particulièrement intéressant. La géologie calcaire du massif, avec par endroits des présences de bauxite, produit des pistes de qualité variable selon la saison et l'exposition. L'itinéraire "Du Piémont à la Crau verte" fait 35 kilomètres avec 352 mètres de dénivelé et constitue une bonne introduction au gravel dans ce secteur. Des traces existent également sur Komoot et Bikemap pour les riders qui souhaitent construire leurs propres boucles.
La pratique du gravel dans les Alpilles appelle les mêmes précautions que le vélo de route en période estivale : vérification de l'accès aux massifs avant le départ, respect des arrêtés préfectoraux, prudence aux carrefours signalés sur les topos officiels.
Les Alpilles s'inscrivent dans un réseau cyclable plus large qui les relie aux grands axes de la région. La ViaRhôna, voie verte EuroVelo 17 de 815 kilomètres reliant le lac Léman à la Méditerranée, passe à proximité du massif. Un tronçon Tarascon-Arles permet de rejoindre les abords des Alpilles depuis la ViaRhôna, ce qui ouvre des possibilités d'itinéraires sur plusieurs jours combinant voies vertes sécurisées et boucles dans le massif.
Pour les cyclistes qui envisagent un séjour gravel ou route en Provence en combinaison avec d'autres destinations, les Alpilles se connectent naturellement à d'autres terrains emblématiques du sud-est. L'Estérel, autre massif calcaire méditerranéen aux caractéristiques gravel remarquables, fait l'objet d'un article détaillé sur le blog de Baroudeur Cycling : l'Estérel en gravel, un terrain d'aventure entre Méditerranée, pins et roche rouge. Une destination complémentaire à intégrer dans un programme Provence élargi.
Saint-Rémy-de-Provence est le point de départ naturel de la majorité des boucles documentées. La ville dispose de services complets pour les cyclistes, d'un accès direct aux itinéraires du massif et d'une offre d'hébergement variée. Saint-Étienne-du-Grès et Fontvieille constituent des alternatives valables pour les cyclistes qui souhaitent varier les départs et découvrir le territoire depuis différents angles.
Pour les boucles de route officielles, un vélo de route classique ou un vélo à pneus semi-slick suffisent amplement. Pour les itinéraires gravel et les chemins du Parc, un gravel avec des pneumatiques autour de 40 mm offre un bon équilibre entre confort sur les pistes et rendement sur le goudron. Les sections techniques restent accessibles : les Alpilles ne réclament pas la même agressivité de setup que les terrains de l'arrière-pays algarvien ou d'autres massifs plus isolés.
Le VAE mérite une mention spéciale pour les cyclistes qui souhaitent explorer les villages perchés sans que la montée vers Les Baux ne devienne un obstacle rédhibitoire. France Vélo Tourisme souligne explicitement l'intérêt du vélo électrique pour ce type de territoire.
Les topos officiels des Chemins des Parcs et de l'Office de Tourisme de Saint-Rémy constituent des références fiables, avec profils d'altitude, points d'intérêt et alertes de sécurité. Komoot et Bikemap proposent des sélections complémentaires de traces, utiles pour construire des variantes personnalisées. En été, la consultation quotidienne de l'état des massifs reste une étape non négociable avant toute sortie sur les chemins du Parc.
Les Alpilles partagent avec d'autres terrains provençaux une qualité rare : la compacité. En quelques jours, il est possible d'en faire le tour complet, d'avoir exploré les principaux itinéraires et d'avoir posé le vélo dans les villages qui méritent qu'on s'y arrête. C'est un territoire qui se prête aussi bien à une journée de roulage depuis Marseille ou Avignon qu'à une itinérance de trois jours en autonomie.
Pour les cyclistes qui souhaitent combiner les Alpilles avec d'autres destinations gravel ou route dans le sud de la France, Baroudeur Cycling propose des séjours cyclisme en France construits sur mesure en fonction du niveau, des objectifs et du calendrier de chaque groupe. L'Estérel, le Luberon et les Alpilles forment d'ailleurs une trilogie provençale cohérente que nous aimons assembler pour les cyclistes qui veulent explorer la région en profondeur.
Pour aller plus loin sur le Luberon, autre massif provençal à ne pas manquer, consultez également notre article : le Luberon, une terre de contrastes pour cyclistes passionnés.
Les Alpilles ne cherchent pas à impressionner par les chiffres. Pas de col mythique, pas de dénivelé accumulé qui justifierait des semaines de préparation. Ce que ce massif provençal propose à la place, c'est un équilibre rare entre la qualité du terrain, la richesse du patrimoine traversé et la sérénité des routes. Un terrain qui convient aux cyclistes exigeants précisément parce qu'il n'a rien à prouver.
Que vous partiez pour une journée au départ de Saint-Rémy ou pour un tour de trois jours en itinérance, les Alpilles restent dans les mémoires pour des raisons simples : la lumière sur les rochers blancs, le silence des garrigues, et ce plaisir particulier de rouler dans un paysage qui n'a pas encore été mis en scène pour le tourisme.
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